
| Un film de Akira Kurosawa 1958
Pendant les guerres civiles japonaises du XVIe siècle, plusieurs clans s’affrontent. Du clan décimé des Akizuki, seule demeure la princesse héritière, chargée de refonder la dynastie. Elle doit pour cela réussir à quitter les contrées hostiles pour atteindre les territoires d’un clan allié. Pendant ce temps, deux paysans simplets pensent avoir découvert une partie du trésor de guerre des Akizuki, et décident de se mettre en chasse du reste, sous le regard curieux d’un homme mystérieux qui les surveille de loin. Kurosawa excelle une fois encore dans l’art de mettre en scène des personnages complémentaires, et le trio formé par ce samouraï taciturne (Toshiro Mifune, impressionnant) et ses deux compagnons stupides et maladroits fonctionne à merveille, dans un film épique et drôle, au scénario abouti (dont la trame inspirera plus tard George Lucas pour la Guerre des étoiles)et à la cinématographie éprouvée et remarquable. Du grand spectacle. -David Rault-
Musique : Masaru Satō
Distribution : Toshirō Mifune / Misa Uehara / Minoru Chiaki / Kamatari Fujiwara / Toshiko Iguchi / Takashi Shimura / Susumu Fujita / Kichijirō Ueda / Eiko Miyoshi / Kokuten Kōdō / Yū Fujiki…
🎥 Fiche d’identité : L’épopée horizontale (1958)
Après la verticalité étouffante des Bas-fonds, Kurosawa s’empare des grands espaces. C’est un film d’aventure pur, où deux paysans cupides escortent sans le savoir un général et une princesse en territoire ennemi.
Titre original : Kakushi toride no san-akunin (隠し砦の三悪人 – Trois malfrats dans une forteresse cachée).
Thème central : La loyauté et la survie. Le film joue sur le contraste entre la noblesse du Général Rokurota (Toshiro Mifune) et la bassesse comique des deux paysans (Tahei et Matashichi).
L’influence Star Wars : George Lucas s’est ouvertement inspiré de ce duo de paysans pour créer C-3PO et R2-D2, ainsi que de la structure narrative pour le premier volet de sa saga.
1. Composition visuelle : La révolution du TohoScope
C’est le premier film de Kurosawa en format large (2.35:1).
L’étirement de l’espace : Kurosawa utilise toute la largeur de l’écran pour placer ses personnages. Il compose souvent ses plans avec les deux paysans aux extrémités et le Général au centre, créant un équilibre dynamique qui souligne la hiérarchie.
Le mouvement latéral : Contrairement à ses films précédents, l’action se déplace de manière horizontale. Les poursuites dans les hautes herbes ou les montagnes tirent parti de ce nouveau cadre panoramique pour accentuer la sensation de fuite perpétuelle.
2. Composition sonore : La percussion du destin
Masaru Sato livre ici une partition presque exclusivement rythmique, en rupture totale avec les orchestrations classiques.
Le rythme de la marche : La musique utilise des tambours et des percussions sèches qui scandent le pas des fugitifs. Le son devient le moteur physique du film, dictant la cadence du montage.
Le cri et le souffle : Les silences de la nature sont brusquement rompus par les cris de Mifune ou le martèlement des sabots des chevaux, créant une bande-son organique où le bruitage devient mélodie.
3. La scène culte : La danse du feu (Le Festival)
Au milieu de leur fuite, les héros se retrouvent mêlés à une fête populaire autour d’un immense brasier.
Fusion sensorielle : La musique s’accélère, les chants scandés et les percussions deviennent hypnotiques. La composition de l’image (le feu dévorant le centre de l’écran large) et le chaos sonore créent une transe visuelle. C’est ici que la « magie des compositions » atteint son paroxysme : le rythme de la danse devient le rythme même du film.
Note de production : Kurosawa a pris un plaisir immense à explorer les possibilités du format large. Il utilisait souvent des téléobjectifs puissants pour écraser les perspectives dans le TohoScope, forçant les acteurs à se déplacer avec une précision millimétrée pour ne pas sortir du champ de vision panoramique.
Saviez-vous que… ?
La Princesse Yuki (interprétée par Misa Uehara) a été choisie après une audition nationale de plusieurs centaines de candidates. Kurosawa voulait une femme capable d’avoir une démarche et un regard de « garçon manqué », fuyant les stéréotypes de la princesse fragile. Sa voix a été retravaillée en post-production pour lui donner un timbre plus autoritaire, s’accordant mieux à la rudesse sonore des paysages de montagne.
En résumé
La Forteresse cachée est le film de la liberté spatiale. C’est une démonstration magistrale de la manière dont un cinéaste peut dompter un nouveau format technique pour en faire un outil de narration rythmique. Entre la percussion de Sato et le cadre panoramique de Kurosawa, le film invente le langage de l’aventure moderne.
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