
| Un film de Andreï Tarkovski 1983
Un poète russe, Andreï Gortchakov, réalise des recherches en Italie sur un compatriote compositeur, Pavel Sosnovsky, qui y a séjourné au XVIIIe siècle, et s’est suicidé à son retour en Russie. Il est accompagné dans son voyage par une jeune et belle interprète, Eugenia. Ils se rendent dans l’arrière-pays toscan pour observer des fresques de Piero della Francesca. Le poète, à la dernière minute, refuse d’aller observer ces peintures, et seule l’interprète entre dans la crypte, y découvrant la Madonna del Parto.
De retour à leur hôtel, dans le village de Bagno Vignoni, où se trouve un bain thermal dédié à sainte Catherine de Sienne, il fait la rencontre du vieux Domenico. L’homme est considéré comme fou car, plusieurs années auparavant, il est resté enfermé dans sa maison pendant sept ans avec sa famille, dans l’espoir de la protéger de la fin du monde.
Musique : Claude Debussy, Giuseppe Verdi, Wagner, Ludwig Van Beethoven
Distribution : Andrei Tarkovsky, Daniel Toscan du Plantier, Delia Boccardo, Domiziana Giordano, Erland Josephson, Franco Casati, Laura De Marchi, Milena Vukotic, Oleg YankovskiyAndrei Tarkovsky, Daniel Toscan du Plantier, Delia Boccardo, Domiziana Giordano, Erland Josephson, Franco Casati, Laura De Marchi, Milena Vukotic, Oleg Yankovskiy
🎥 Nostalghia : La Composition de l’Exil
Un poète russe, Andreï Gortchakov, voyage en Italie pour faire des recherches sur un compositeur du XVIIIe siècle. Accompagné de sa traductrice Eugenia, il erre dans les paysages de Toscane, incapable de se lier à la beauté qui l’entoure. Sa rencontre avec Domenico, un « fou » local qui a enfermé sa famille pendant sept ans pour la protéger de la fin du monde, va changer sa perception du sacrifice.
Note Historique & Héritage : Le film a reçu le Prix de la mise en scène à Cannes. C’est une œuvre qui capture le sentiment de « Toska » (une mélancolie spirituelle typiquement russe). L’esthétique des ruines immergées et des brouillards persistants a profondément marqué le cinéma européen contemporain.
1. Composition visuelle : La Brume et l’Isba
La « magie » visuelle repose sur l’imbrication de deux géographies mentales.
La fusion des lieux : Tarkovski utilise des compositions où une église italienne en ruine semble contenir, en son centre, une petite maison russe traditionnelle (isba). Ce n’est pas un montage, mais une composition spatiale qui montre que le personnage transporte son pays en lui.
Le monochrome humide : Comme dans Stalker, la couleur est désaturée, tendant vers le gris et le vert d’eau. La composition joue sur la transparence et l’opacité (vapeurs de sources thermales, pluie fine) pour traduire l’isolement sensoriel.
2. Composition sonore : Le Goutte-à-goutte Métaphysique
Edouard Artemiev n’étant pas présent sur ce tournage, Tarkovski pousse encore plus loin son utilisation du son direct et de la musique classique.
Le rythme de l’eau : Le son de l’eau qui tombe dans des seaux ou qui stagne dans les thermes de Bagno Vignoni devient la percussion principale du film. C’est une composition sonore qui souligne le temps qui « fuit » et la stagnation de l’âme.
L’hymne à la joie : L’utilisation de Beethoven (la 9ème symphonie) lors de la scène du sacrifice de Domenico crée un contraste sonore violent avec le silence pesant du reste du film, marquant une rupture entre le désespoir et l’illumination.
3. La scène culte : La traversée du bassin avec la bougie
Gortchakov tente de traverser le bassin thermal vidé de Bagno Vignoni avec une bougie allumée, sans qu’elle ne s’éteigne.
La magie du cadre : Un plan-séquence de près de 9 minutes, l’un des plus célèbres de l’histoire du cinéma. La composition est d’une simplicité radicale : un homme, un mur, une flamme. La tension ne vient pas de l’action, mais de la durée même du plan, qui devient une épreuve physique pour le spectateur.
Note de production : Tarkovski a initialement trouvé les paysages de Toscane « trop beaux ». Il a demandé à son chef opérateur, Giuseppe Lanci, de « salir » l’image, de trouver des angles qui rappelaient la rudesse de la terre russe plutôt que la carte postale italienne.
Saviez-vous que… ?
Pendant le tournage, Tarkovski vivait lui-même une nostalgie dévorante. Les autorités soviétiques refusaient de laisser son fils sortir du pays pour le rejoindre. Cette souffrance réelle imprègne chaque plan du film, faisant de l’acteur Oleg Yankovski un double presque documentaire du réalisateur.
En résumé
Nostalghia est une composition sur l’impossibilité de l’appartenance. C’est le film où Tarkovski utilise l’espace italien comme une toile vide pour y projeter ses fantômes russes, prouvant que la véritable patrie d’un artiste est son propre monde intérieur.
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