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IMDb 8,0/10

| Un film de Andreï Tarkovski 1966

En Russie, au début du 15e siècle. Andrei, Kirill et Danill, trois moines peintres d’icônes, se rendent chez le maître Théophane le Grec pour participer à la décoration de la cathédrale de Moscou. Seul Andrei est choisi pour ce travail. Il traverse le pays avec son apprenti pour rejoindre la capitale.

Andreï Roublev est un film épique et profondément symbolique qui raconte la vie et les afflictions du peintre d’icônes russe du XVe siècle, saint Andréï Roublev. Il est considéré comme une œuvre majeure du cinéma mondial.

Le film est structuré en huit tableaux, alternant entre des scènes de beauté spirituelle et de violence brutale, reflétant les conflits intérieurs de Roublev face à la cruauté du monde, à la nature de l’art sacré et au rôle de l’artiste dans une société tourmentée. Bien que basé sur une figure historique, le film est davantage une réflexion sur la Russie, la foi, la création et l’humanité, avec une direction artistique et technique exceptionnelle. Le film est souvent comparé à Finnegan’s Wake de James Joyce pour sa complexité et son absence de narration linéaire. Il est considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma, ayant profondément marqué les générations de cinéastes et de spectateurs.

Musique : Viatcheslav Ovtchinnikov

Distribution : Anatoli Solonitsyne / Ivan Lapikov / Nikolaï Grinko / Nikolaï Sergueïev / Irma Raush / Nikolaï Bourliaïev / Youri Nazarov / Youri Nikouline / Rolan Bykov Nikolaï Grabbe / Mikhaïl Kononov / Stepan Krylov / Bolot Beishenaliev / Nellie Sneguina…

Andreï Roublev 1967
L’extrême formalisme du style de Tarkovski prolonge la tradition eisensteinienne et s’écarte radicalement des deux principales tendances du renouveau du cinéma russe dans les années 60 et 70 : la prise en compte analytique et réaliste du présent (lignée Panfilov); le désir de retrouver les liens profonds unissant le présent au passé (lignée Kontchalovsky et Mikhalkov). Assumant le risque de l’ésotérisme et même de la complaisance à l’ésotérisme, Tarkovski s’intéresse avant toutes choses à ses impressionnants mouvements d’appareil pétrissant l’espace d’une manière insolite et surprenante, à ses recherches d’ambiances apocalyptiques et extra-temporelles. Le thème abordé ici – la recherche tâtonnante d’un humanisme spirituel, seul rempart contre la barbarie, le paganisme et les excès de la religion – lui permet de s’enfoncer dans ce Moyen Age indifférencié où baignent la plupart de ses films. Dans cet espace fantasmagorique qui est comme le berceau de l’Etre, l’homme semble en gestation, créature embryonnaire et encore engluée dans le limon originel, plutôt bestial, dont il lui faudra s’extraire – et la tâche paraît infinie – pour parvenir un jour à la conscience morale et à la conscience tout court. A l’avant-garde de cet effort humain et surhumain se trouve l’artiste (Andreï Roublev ou bien le jeune fondeur de cloches) entraînant après lui un peuple de fantômes, dont il est à la fois le berger,l’interprète et l’émanation suprême.

Jacques Lourcelles – scénariste, traducteur, directeur de revue, historien et critique de cinéma – Dictionnaire du cinéma – Editions Robert Laffont. 1992

🎥 Andrei Roublev : Le Silence et le Feu

Libre interprétation de la vie du célèbre peintre d’icônes du XVe siècle, cette fresque monumentale est moins un biopic qu’une méditation sur la place de l’artiste face à la barbarie et au silence de Dieu. À travers huit chapitres, Tarkovski explore la quête de pureté dans un monde de boue et de violence.

  • Note Historique & Héritage : Le film a subi une censure sévère des autorités soviétiques, restant bloqué plusieurs années avant d’être projeté à Cannes en 1969. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma mondial, influençant des générations de cinéastes par sa structure et sa gestion de l’espace épique.

1. Composition visuelle : La Terre et la Chair

Le passage au format large permet à Tarkovski de composer des tableaux d’une densité exceptionnelle.

  • Le chaos graphique : Contrairement à l’épure d’Ivan, Andrei Roublev compose avec la multitude. Les scènes d’invasions tatares ou la fonte de la cloche sont des orchestrations complexes de corps, de boue et de fumée, où chaque mouvement semble dicté par une force invisible.

  • Le passage à la couleur : Le film, tourné en noir et blanc, s’achève sur un épilogue en couleur filmant les icônes réelles de Roublev. C’est une décision de composition majeure : la couleur n’appartient pas au monde des hommes, mais à celui de l’art et du divin.

2. Composition sonore : Le Souffle et la Cloche

C’est ici que la collaboration avec Edouard Artemiev prend une dimension sacrée.

  • Le design de l’effort : Le son de la cloche en train d’être coulée, les bruits de forge et le vent dans les steppes composent une symphonie concrète. La musique d’Artemiev s’entrelace avec ces sons naturels pour créer une tension mystique.

  • Le silence d’Andrei : Tarkovski compose le son par soustraction. Le vœu de silence du peintre se traduit par un environnement sonore où chaque bruit devient une agression ou une révélation.

3. La scène culte : Le vol en ballon

Le prologue du film montre un homme s’élevant dans un ballon rudimentaire avant de s’écraser.

  • La magie du cadre : La caméra accompagne l’ascension, offrant un point de vue divin sur la terre russe, avant une chute brutale. Cette composition installe d’emblée le thème du film : l’aspiration de l’homme à s’élever face à la pesanteur implacable de sa condition.

 

Note de production : Tarkovski a exigé un réalisme absolu pour les décors et les costumes, refusant toute stylisation artificielle. Pour la scène de la cloche, des tonnes de terre ont été remuées pour créer une fosse authentique, transformant le plateau de tournage en un véritable chantier médiéval.

 

Saviez-vous que… ?

Le film a été accusé de cruauté envers les animaux lors de sa sortie, notamment pour la scène de la chute du cheval. Tarkovski s’est toujours défendu en expliquant que ces images brutales étaient nécessaires pour illustrer la rudesse d’une époque où la vie humaine et animale n’avait que peu de valeur aux yeux des puissants.

En résumé

Andrei Roublev est une composition de la foi et de l’endurance. C’est le film où Tarkovski définit l’artiste comme un médiateur entre la boue du monde et la lumière de l’esprit, utilisant le noir et blanc pour la réalité terrestre et la couleur pour la transcendance de l’art.

EDUARD ARTEMIEV

Musique du film  Solaris  de Andreï Tarkovski

EDUARD ARTEMIEV

Musique du film  Urga  de Mikhalov Nikita

EDUARD ARTEMIEV

Warmth of Earth

Nick Cave : This Much I Know To be True

De Andrew Dominik

Bamboo Dream

Cloud Gate Dance Théâtre

Musique de Arvo Part

Joe Hisaishi in Budokan

Studio Ghibli 25 Years Concert

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