le_sacrifice_andreï_tarkovski_wikicine_streaming_cinepedia
IMDb 8,2/10

| Un film de Andreï Tarkovski 1986

Alexandre est un ancien comédien célèbre qui vit avec sa famille sur une île au large des côtes suédoises. C’est l’été et pour son anniversaire, il plante un arbre sec au bord de la mer. Son petit garçon de six ans, ne pouvant plus parler à la suite d’une opération du cou, l’accompagne. Alexandre raconte à son fils l’histoire d’un vieil homme qui plante un arbre sec en haut d’une montagne et qui, chaque jour, gravit la montagne pour l’arroser. Un beau jour, l’arbre est couvert de fleurs.

Le Sacrifice a été couronné du Grand Prix du Festival de Cannes 1986, ainsi que du prix du jury œcuménique et de la FIPRESCI. Il mêle mysticisme chrétien, spiritualité orientale, panthéisme slave et une poétique du silence. Le dernier plan, où l’enfant muet arrose l’arbre planté au début et parle pour la première fois — « Au commencement était le Verbe. Pourquoi, papa ? » — symbolise la renaissance, la foi et l’espoir.

Musique : Bach, Aria  « Erbarme dich » de La Passion selon saint Matthieu

Distribution : Erland Josephson / Susan Fleetwood / Valérie Mairesse / Allan Edwall / Tommy Kjellqvist / Gudrún Gísladóttir / Sven Wollter / Filippa Franzén / Per Källman / Tommy Nordahl / Tintin Anderzon / Helena Brodin / Birgit Carlstén…

🎥 Le Sacrifice : La Composition de l’Absolu

Ce film est une apothéose formelle. Malade et conscient qu’il s’agit de son dernier message, Tarkovski collabore avec l’équipe d’Ingmar Bergman (notamment le chef opérateur Sven Nykvist) pour composer une parabole sur la fin du monde et la rédemption par l’acte individuel.

Alexandre, un ancien comédien et intellectuel, fête son anniversaire avec sa famille et ses amis sur une île isolée. Alors que la radio annonce l’imminence d’une catastrophe nucléaire totale, Alexandre passe un pacte avec Dieu : il sacrifiera tout ce qu’il aime — sa maison, sa famille, son fils — si le monde est épargné et revient à son état initial.

  • Note Historique & Héritage : Dédié à son fils « avec espoir et confiance », le film a reçu le Grand Prix Spécial du Jury à Cannes. C’est un testament spirituel qui condense toutes les obsessions du cinéaste : la puissance de la prière, le silence de la nature et la matérialité des éléments.

1. Composition visuelle : Le Feu et la Maison

La structure visuelle du film repose sur une unité de lieu qui devient un espace sacré.

  • Le plan-séquence final : Tarkovski compose l’une des scènes les plus techniquement difficiles de sa carrière : l’incendie de la maison. En un seul plan de plus de six minutes, la caméra suit Alexandre courant autour de sa demeure en flammes sous un ciel de plomb. C’est une composition du chaos orchestrée avec une précision millimétrée.

  • La palette suédoise : Sous l’influence de Sven Nykvist, la lumière devient presque monochrome, un gris bleuté qui unifie la terre, l’eau et le ciel. La « magie » réside dans cette capacité à rendre l’image presque transparente, comme si le monde matériel s’effaçait devant la volonté du personnage.

2. Composition sonore : Le Silence et le Cri

En l’absence d’Artemiev, Tarkovski utilise la musique comme un signal métaphysique.

  • Les chants de la terre : Le film s’ouvre et se ferme sur l’aria « Erbarme dich » de la Passion selon saint Matthieu de Bach. Cette composition musicale dialogue avec des chants traditionnels suédois (le kulning) et des flûtes japonaises, créant une atmosphère sonore universelle et hors du temps.

  • Le silence pur : Après l’annonce de la catastrophe, le son disparaît presque totalement, laissant place à un silence lourd, seulement rompu par des bruits naturels amplifiés (le vent, les pas sur le parquet). C’est une composition par le vide.

3. La scène culte : L’arbre mort

Alexandre et son fils, « le Petit », plantent un arbre sec au bord de la mer, Alexandre expliquant qu’il faut l’arroser chaque jour avec foi jusqu’à ce qu’il refleurisse.

  • La magie du cadre : Le film se termine sur ce même arbre. La composition est d’une verticalité épurée, rappelant L’Enfance d’Ivan. C’est une image de cycle éternel : là où tout a commencé par une forêt étouffante, tout se finit par un arbre solitaire, symbole d’un espoir qui ne demande qu’une action répétée pour exister.

 

Note de production : Lors de la première prise de l’incendie de la maison, la caméra s’est enrayée. Tarkovski, dévasté, a dû faire reconstruire la maison à l’identique en quelques jours pour retourner la scène. Ce « sacrifice » technique et financier sur le plateau faisait écho au thème même du film.

 

Saviez-vous que… ?

Tarkovski était si affaibli par le cancer pendant le montage qu’il devait diriger les dernières étapes depuis son lit d’hôpital. Il considérait ce film comme sa propre prière, un moyen de léguer à son fils et au monde une vision de l’homme capable de se dépasser pour le salut de tous.

En résumé

Le Sacrifice est une composition sur le don de soi. C’est le film où Tarkovski ferme la boucle de sa filmographie, transformant le cinéma en un acte liturgique où l’image n’est plus une représentation, mais une manifestation de la vérité spirituelle.

EDUARD ARTEMIEV

Musique du film  Solaris  de Andreï Tarkovski

EDUARD ARTEMIEV

Musique du film  Urga  de Mikhalov Nikita

EDUARD ARTEMIEV

Warmth of Earth

| Versions Françaises

| Asie アジア

| Découvrir

Nick Cave : This Much I Know To be True

De Andrew Dominik

Bamboo Dream

Cloud Gate Dance Théâtre

Musique de Arvo Part

Joe Hisaishi in Budokan

Studio Ghibli 25 Years Concert

andrei-tarkovski-l-integrale-blu-ray-cinepedia-wikicine-streaming

L’intégrale

DVD version restaurée

Nostalghia-Version-Restauree-Cinépédia-Boutique

Nostalghia

DVD Version Restaurée

Il ne reste plus que 1 exemplaire

Oeuvres-cinematographiques-completes-tome-1-Cinépédia-Boutique

Oeuvres cinématographiques complètes tome 1

Coffret-integrale-Andrei-Tarkovski-Cinépédia-Boutique

Coffret intégral

DVD

Il ne reste plus que 1 exemplaire

21

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *