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IMDb 8,1/10

| Un film de Ingmar Bergman

Après sept ans sans s’être revues, Eva invite par lettre sa mère Charlotte, pianiste concertiste de renommée internationale à la carrière depuis longtemps déclinante, et qui a récemment perdu son second mari, Leonardo. Eva vit isolée sur le bord d’un fjord, avec son mari Viktor, pasteur, et sa jeune sœur Helena, atteinte depuis l’enfance d’un lourd handicap. Ce séjour qui se voulait tranquille voit immédiatement renaître les tensions enfouies entre la mère, accusée d’avoir sacrifié à elle-même et à sa carrière sa vie de famille, et la fille, marquée par la dure expérience d’un enfant mort, et qui se dit incapable d’amour, y compris envers son mari. Les deux femmes s’affrontent en une longue nuit d’insomnie. Une nouvelle fois, Charlotte s’en va avant la date prévue, au prétexte d’un concert. En conclusion, Eva lui écrit une nouvelle lettre, demandant pardon.

Musique : Jean-Sébastien Bach, Frédéric Chopin, Georg Friedrich Händel, Robert Schumann

Distribution : Ingrid Bergman /Liv Ullmann /Lena Nyman / Halvar Björk / Marianne Aminoff / Arne Bang-Hansen / Gunnar Björnstrand / Erland Josephson / Georg Løkkeberg / Mimi Pollak / Linn Ullmann

Sonate d'automne : La synesthésie de la douleur et le naufrage des affects

Dans le huis clos feutré d'un presbytère norvégien, Bergman orchestre une autopsie chirurgicale de la filiation. Sonate d'automne n'est rien de moins qu'une tragédie grecque transposée dans la froideur scandinave, où le temps, suspendu par les premières neiges, devient le théâtre d'une confrontation inéluctable entre une mère, pianiste virtuose égocentrique, et sa fille, femme brisée par le silence. Le film ne se contente pas de montrer le conflit ; il l'ausculte dans ses pulsations les plus intimes, transformant chaque plan en un miroir grossissant où les masques sociaux finissent par se fissurer sous le poids des non-dits accumulés durant des décennies.

  • Réalisation : Ingmar Bergman
  • Composition Sonore : Frédéric Chopin (Prélude n° 2 en la mineur) : La musique n'est pas ici une ornementation, mais le moteur même de l'intrigue. Elle agit comme une entité vivante, révélant la faille entre la perfection technique de la mère et l'incapacité émotionnelle de la fille à habiter l'art.
L'Ontologie du ressentiment

La thèse centrale du film réside dans l'impossibilité radicale de la transmission maternelle...

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